Ralph Goodale

Votre député de


Regina-Wascana

Ralph Goodale

Votre député de


Regina-Wascana

Menu

Beaucoup est en jeu dans la lutte entre pluralisme et populisme

L’histoire est un excellent professeur. Les leçons du passé peuvent nous aider à façonner un avenir meilleur.

Par exemple, dans ma province, il y a 85 ans cet été (19 juillet 1934) que l’hon. James G. Gardiner a été assermenté à titre de premier ministre de la Saskatchewan pour la deuxième fois. Pourquoi est-ce important? La réponse découle des résultats des deux élections provinciales précédentes.

M. Gardiner est entré en fonction pour la première fois après une victoire décisive aux élections provinciales de 1925. Mais lors du vote suivant en 1929, alors qu’il remporte à nouveau le plus grand nombre de sièges, il est réduit à une minorité et perd le poste de premier ministre au profit de J.T.M. Anderson, un populiste de droite qui est arrivé au pouvoir avec le soutien du Ku Klux Klan.

C’est une vilaine cicatrice dans l’histoire de la Saskatchewan que cette organisation étrangère insidieuse, construite sur la haine, la peur, l’intolérance et les préjugés, s’est infiltrée dans notre province et a occupé un rôle de respectabilité apparente.

Aux États-Unis, les Afro-Américains ont été les principales victimes du racisme du Klan. Au Canada, ils ont dirigé leur vile mentalité contre les catholiques et les vagues d’immigrants non-britanniques. La bonne nouvelle est que Jimmy Gardiner a choisi de lutter contre eux avec tout ce qu’il avait en lui. Son message central concernait la diversité, l’inclusion et le pluralisme. Et en 1934, il a gagné. C’est pourquoi sa deuxième assermentation est si importante. Imaginez les conséquences si les candidats préférés du Klan avaient été réélus.

M. Gardiner (et la Grande Dépression) a chassé le KKK de la Saskatchewan. En 1934, Anderson a perdu chaque siège.

Ce qui est troublant à propos de cet épisode, aussi bref soit-il, est que l’ascendant du Klan en Saskatchewan s’est déroulé de manière ouverte et démocratique. Et ce n’est pas le seul exemple dans l’histoire de notre pays où le populisme simpliste et empli de crainte nous a affaiblis.

Pensez à la taxe d’entrée imposée aux Chinois ou à l’internement des Canadiens d’origine ukrainienne pendant la Première Guerre mondiale et des Canadiens d’origine japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale. Pensez au rejet des Sud-Asiatiques sur le Komagata Maru ou au refus des réfugiés juifs désespérés à bord du MS St. Louis.

Plus récemment, pensez aux torrents d’abus sur les médias sociaux dirigés contre les nouveaux arrivants – en particulier les réfugiés. Écoutez les coups de gueules des shock-jocks, des trolls et des bots, de l’extrême droite, des néonazis et des suprémacistes blancs. Observez les graffitis et le vandalisme, même des bombes incendiaires, dans des lieux de culte. Agressions et crimes de haine. Attaques misogynes. Homophobie Antisémitisme. Islamophobie Et le meurtre de six citoyens canadiens uniquement parce qu’ils étaient en prière dans une mosquée.

Pensez aux pensionnats indiens, aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées, et à plus de cent ans sans réconciliation.

Notre histoire enregistre de graves échecs. Ils rappellent que notre pluralisme est loin d’être parfait. Cela ne peut pas être pris pour acquis. En effet, il est fragile et exige notre vigilance constante et notre travail acharné.

Ce sentiment n’implique pas une seconde que nous sommes naïfs en matière de sécurité publique ou nationale. Nos services de police, de sécurité et de renseignement comptent parmi les meilleurs au monde. Ils ont besoin des outils juridiques et des ressources matérielles nécessaires pour protéger les Canadiens et notre pays dans un monde en crise. Nous travaillons pour cela tous les jours. Mais nous avons également besoin de reconnaître clairement que la violence et la haine ne proviennent pas uniquement de Daesh, d’Al-Qaïda et du Taliban. Ils peuvent provenir de toute forme d’extrémisme ou d’intolérance.

Parallèlement à la sécurité publique, notre cadre de sécurité doit assurer l’examen minutieux, la transparence et la responsabilisation nécessaires pour protéger les droits et libertés des Canadiens et de notre société ouverte, diversifiée et inclusive.

Mais plus important encore, il incombe à chacun d’entre nous, dans la façon dont nous vivons et nous traitons les uns les autres, de défendre les principes qui ont façonné le Canada – malgré nos manquements – en tant qu’exemple mondial de pluralisme réussi.

Notre sens de l’équité et de la justice. Un esprit de générosité. La compassion. Prendre soin de nos voisins et le partage. Les cœurs et les esprits ouverts. La fierté de notre grande diversité.

Notre engagement inébranlable pour la démocratie, la liberté, les droits de l’homme, le respect de la procédure équitable et de la loi.

Nous devons pratiquer les arts créatifs de l’inclusion et de l’accommodement – afin de faire de la place les uns pour les autres. Pour tendre la main. Pour s’écouter les uns les autres. Pour combler les différences. Pour essayer très fort de se comprendre les uns les autres.

Et puis, après avoir écouté et compris, nous devons toujours être prêts à agir ensemble et réciproquement. Pas parce que c’est dans l’intérêt personnel d’une majorité confortable. Pas parce que c’est facile ou populaire. Mais parce que les actions que nous cherchons à mener ensemble et réciproquement sont nécessaires pour le pays juste, décent, inclusif et merveilleux que nous aspirons à être.

Et donc, le Canada est un triomphe de l’esprit humain – construit et maintenu ensemble, non pas par la force des lois, ni par la force des armes, ou la force de toute sorte, pas par notre géographie ou une langue ou une culture unique, mais par notre volonté commune. Et ce genre de construction nationale – à la canadienne – est un processus sans fin. Nous ne sommes jamais « fait ».

Le Canada est maintenant et sera toujours un précieux travail en cours. Et chaque jour, cela dépend de NOUS TOUS, dans toute notre diversité, qui travaillons avec respect, avec espoir et sans relâche, ensemble.