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N’OUBLIONS PAS POUR QUOI ILS SE BATTAIENT

En regardant l’excellente couverture médiatique la semaine dernière des événements marquant le débarquement historique du jour J en France – il y a exactement 75 ans – il était impossible de rester indifférent.

Le courage, la force et le talent, le courage et la ténacité des membres extraordinaires des Forces armées canadiennes et de leurs compagnons d’armes du monde libre, alors qu’ils prenaient d’assaut les plages de Normandie, étaient à couper le souffle. Durant ces heures sanglantes, traumatisantes et terrifiantes du 6 juin 1944, ils ont commencé à inverser la tendance de la Deuxième Guerre mondiale et ont changé le cours de l’histoire.

Plus de 14 000 Canadiens ont pris part à la bataille à Juno Beach. Un autre 450 ont parachuté à l’intérieur des terres. De toutes les forces alliées, ce sont les Canadiens qui ont fait le plus de progrès ce premier jour. Nos pertes se sont élevées à 359, avec plus de 700 blessés. Au total, plus de 90 000 Canadiens ont assisté à la campagne de Normandie. Plus de 5 000 sont morts; 13 000+ ont été blessés.

Les moments les plus impressionnants des commémorations du jour J la semaine passée fut les moments d’arrivée des anciens combattants survivants. Des applaudissements forts et soutenus ont salué chacune de leurs apparitions. Et à juste titre. Ce sont de vrais héros qui inspirent le respect, l’admiration et la gratitude.

Ils – et tous leurs camarades qui ont fait le sacrifice ultime – venaient de tous les coins du Canada, de collectivités grandes et petites et autochtones, de tous les horizons, de toutes les origines culturelles et ethniques et de toutes les religions. Et ils se sont tenus côte à côte pour défendre notre mode de vie – malgré toutes ces différences.

Dans ce monde de populisme facile, de démagogie, de division, de peur et de haine, il est plus important que jamais de se souvenir de ce que ces braves Canadiens ont défendu, pour lequel ils se sont battus et pour quoi ils sont morts pendant toutes les guerres des 120 dernières années.

Ce que nous en avons hérité est une chose très précieuse et unique au monde – notre Canada est devenu le meilleur exemple de diversité, d’inclusion et de pluralisme que le monde n’ait jamais connu. Et il faut travailler fort pour le garder ainsi et le rendre meilleur.

Ne vous y trompez pas, c’est un pays difficile à gouverner.

Notre population est petite comparée à la plupart des autres pays, mais nous sommes très compliqués – à commencer par les peuples autochtones, puis les explorateurs et les colons nordiques, français et anglais, puis vague par vague d’immigration enrichissante venant de partout.

Au point où notre Canada comprend toutes les ethnies, couleurs et croyances, deux langues officielles et de nombreuses cultures – littéralement, la diversité du monde entier – tous mélangés de manière inégale, pas dans un grand « melting pot » américain, mais une mosaïque lumineuse, vibrante et distinctive répandue de manière éparse sur le deuxième plus grand continent au monde.

Alors, comment avons-nous construit un pays avec toute cette complexité?

Lors d’une visite ici il y a quelques années, Sa Majesté la Reine, notre commandante en chef, a dit ceci : « Les Canadiens, a-t-elle dit, ne se demandent pas mutuellement de renier leurs ancêtres ou d’abandonner leur héritage, mais seulement que nous apprécions et respectons la liberté culturelle des autres, tout comme nous profitons de la nôtre.

Cela ressemble un peu à la règle d’or.

Tout est question de diversité, d’inclusion et de respect mutuel.

Tel est le message inscrit dans la devise officielle de ma province, la Saskatchewan: « De nombreux peuples, force! »

C’est le même message qui est énoncé dans la Charte canadienne des droits et libertés.

Mais ce n’est pas facile. Ce n’est pas automatique. Malgré nos bonnes intentions, l’histoire enregistre des manquements tragiques.

Il fut un temps où le Canada imposait une taxe d’entrée pour discriminer les nouveaux arrivants en provenance de Chine.

Nous avons organisé des camps d’internement pour les Canadiens d’origine ukrainienne pendant la première guerre mondiale et pour les Canadiens d’origine japonaise pendant la seconde guerre mondiale.

Des gens désespérés ont été refoulés du Canada sur le Komagata Maru (de l’Asie du Sud) et sur le MS St.Louis (ils étaient juifs d’Allemagne).

Il y a eu des élections démocratiques en Saskatchewan en 1929 qui, croyez-le ou non, ont permis d’établir un gouvernement provincial avec l’appui manifeste du Ku Klux Klan.  Cela nous choque aujourd’hui, mais c’est en fait ce qui s’est produit. L’un d’entre eux a même été élu au Parlement du Canada.

Nous avons eu 150 ans sans réconciliation réussie avec les peuples autochtones.

Les immigrants récents, les réfugiés et les minorités ont été attaqués par des personnalités choquantes à la radio, des robots et des trolls sur Internet, des néo-nazis et des suprémacistes blancs.  Et la violence verbale est devenue physique, y compris six personnes innocentes – six citoyens canadiens – abattues uniquement parce qu’elles étaient en prière dans une mosquée.

Non, notre pluralisme est loin d’être parfait. La vérité est que nous devons toujours travailler très fort aux valeurs et à la conduite qui sous-tendent les principes qui unissent ce grand pays compliqué et exubérant.

Des valeurs comme notre sens de l’équité et de la justice.

Un engagement inébranlable pour la liberté, la démocratie, les droits de la personne, l’application régulière de la loi et la primauté du droit.

Un esprit de générosité. La compassion. Le soin et le partage.

Les cœurs et esprits ouverts. La fierté de notre grande diversité.

Nous devons toujours pratiquer les arts créatifs de l’inclusion et de l’adaptation, pour faire de la place les uns pour les autres. Pour tendre la main. Pour écouter les autres.  On doit essayer très fort de se comprendre les uns les autres, puis être prêt à prendre des mesures ensemble.

Pas parce qu’une telle action est dans l’intérêt personnel d’une majorité confortable. Pas parce que nous devons le faire. Mais parce que nous voulons. Parce que les actions que nous menons ensemble et ensemble sont bonnes pour le pays juste, décent et magnifique auquel nous aspirons être.

Le Canada est donc, plus que toute autre chose, un triomphe de l’esprit humain.  Nous sommes bâtis et maintenus ensemble, non par la force des armes, ou la force des lois, ou la force d’aucune sorte, non par la géographie, la langue ou la culture, mais par notre volonté commune … parce que nous le VOULONS.

Et ce genre de «construction de nation», à la canadienne, est un processus sans fin. On n’aura jamais « terminé ». Le Canada est maintenant, a toujours été et sera toujours un précieux travail en cours que nous n’oserons pas prendre pour acquis.

Chaque jour, cela dépend de « nous » et de la façon dont nous nous traitons les uns les autres. Cela dépend de nous tous – respectueusement, avec optimisme, sans relâche – toujours contruisant la nation ensemble …

… Croyant passionnément que dans ce Canada que nous aimons, MIEUX est toujours possible;

… Et rappelons-nous que nous avons toute cette bonne fortune et un potentiel encore plus grand grâce à tous ces Canadiens courageux qui sont venus avant nous et qui étaient prêts à donner leur vie pour défendre ce pays et ce qu’il représente.

Ne l’oublions pas.